Politique
Retour01 avril 2025
Jean-Philippe Thibault - jpthibault@medialo.ca
Le Bloc veut sortir le politique des décisions dans les pêches
RIVIÈRE-AU-RENARD
©Publications Le Soir – Jean-Philippe Thibault
Yves-François Blanchet (au centre) était accompagné du candidat dans Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine-Listuguj, Alexis Deschênes, et de plusieurs pêcheurs mardi après-midi à La Révolte, à Rivière-au-Renard.
De passage cet après-midi à Rivière-au-Renard, la capitale québécoise des pêches maritimes, Yves-François Blanchet exige à ce que la gestion des stocks, des permis et des quotas soit confiée à une agence indépendante. Le chef du Bloc québécois demande également qu’une enquête soit menée sur les récents processus d’attribution des droits de pêche.
« J’ai entendu au gré des ans beaucoup de reproches – parfois très virulents – qui justifient qu’une instance se penche là-dessus en ayant comme grille d’analyse la science […] Ça devrait mener à des recommandations qui seraient non pas gérées par un ministère ou les humeurs de son ministre comme on l’a connu ici, mais bien à un processus révisible, structuré et organisé, avec des critères précis auxquels les entrepreneurs vont savoir s’ils se qualifient ou non. »
Actuellement, des avis scientifiques sur la gestion des quotas de pêche sont émis et un comité indépendant se penche aussi sur la question, mais les décisions finales reviennent à celui ou celle à la tête de Pêches et Océans Canada. Le Bloc québécois désire complètement évacuer le politique de la démarche, d’où la création d’une agence indépendante.
« Ça ne prendra pas des ordres du politique. Ça ne permettra pas une politique partisane de jouer un rôle ou de participer de quelque façon que ce soit à savoir qui aura ou pas des quotas. J’ai consulté les associations dans la région avant d’arriver à cette proposition. Je pense que ça va faire consensus auprès des pêcheurs », ajoute Yves-François Blanchet, qui dit vouloir ainsi apporter espoir et prévisibilité.
Dans les dernières années, certaines décisions ont été contestées par différentes associations. Les homardiers ont récemment critiqué l’émission de nouveaux permis exploratoires et l’ajout d’une pêche automnale. Les pêcheurs pélagiques ont de leur côté décrié la fin de leurs activités.
Ultimement, le Bloc aimerait que toutes les décisions relatives aux pêches soient rapatriées vers le provincial. Le parti dit avoir entendu plusieurs constats dans le milieu au fil de ses tournées, de l’arbitraire dans le choix ou l’exclusion de types de pêches jusqu’à l’attribution de gros volumes aux entreprises hauturières des Maritimes, en passant par la mise en concurrence des associations et des lobbys, ou encore des Autochtones et des Allochtones. « Le gouvernement fédéral devrait chérir un partenariat tissé serré avec ces intervenants, au lieu de les traiter comme de potentiels braconniers. La culture qui prévaut au sein du ministère des Pêches et Océans est à rebâtir de fond en comble. Mieux vaut s’y atteler dès cette élection », ajoute Yves-François Blanchet.
Le parti dit aussi pencher en faveur d’une autorisation « pour un volume raisonnable de pêche personnelle ». Le débat a été relancé récemment par Ensemble pour un accès aux ressources marines, qui milite pour l’ouverture de la pêche personnelle à toutes sortes d’espèces.
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