Économique
Retour25 mars 2025
Jean-Philippe Thibault - jpthibault@medialo.ca
Tarifs douaniers : la Gaspésie risque de subir les effets les plus néfastes
GASPÉSIE

©Archives - Gaspésie Nouvelles
Certains produits comme le crabe des neiges sont exportés à près de 80 % vers les États‑Unis.
L’ensemble des régions manufacturières seront affectées par la guerre commerciale avec les États-Unis et leurs tarifs douaniers, mais certaines d’entre elles – dont Chaudière‑Appalaches, l’Estrie et la Gaspésie, incluant les Îles-de-la-Madeleine – risquent de subir des effets plus néfastes.
Il s’agit de l’un des constats partagés lundi par l’économiste senior chez Desjardins Maëlle Boulais-Préseault. Les secteurs des pêches et du bois sont considérés comme majeures. Les deux arrivent en tête de lice des secteurs vulnérables en Gaspésie, devant celui des boissons. La guerre commerciale aura une incidence négative sur ces trois marchés.
Le secteur de la fabrication d’aliments (des pêches en très grande majorité) représente près de 30 % de l’industrie manufacturière en Gaspésie et aux Îles‑de‑la‑Madeleine. Certains produits comme le crabe des neiges sont exportés à près de 80 % vers les États‑Unis. Au total, ce sont environ 34,5% des produits fabriqués en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine qui partent vers les États-Unis, selon les données de 2021. De son côté, le secteur du bois représente près de 20 % de l’industrie manufacturière régionale.
« L’industrie la plus vulnérable est celle de la fabrication, où une grande proportion de la production est exportée aux États‑Unis. Pour l’ensemble du Québec, les sous‑secteurs de la fabrication des métaux primaires (dont l’aluminium), des aliments et des boissons, des produits chimiques, de la machinerie et de l’aéronautique sont particulièrement vulnérables, note l’auteur. Les industries des services, qui composent plus de 70 % de l’économie du Québec, devraient mieux s’en sortir. »
Maëlle Boulais-Préseault prévoit que les régions les plus vulnérables sont celles dont les économies sont concentrées dans un plus petit nombre de secteurs ou de ressources. Celles-ci pourraient incidemment subir des effets plus graves sur le plan de l’emploi et de leur activité. « Des taux de chômage plus élevés et une croissance plus faible des PIB sont attendus pour la plupart de ces régions par rapport à ce qu’ils auraient été sans guerre commerciale », ajoute-t-elle.
Mais il n’y a pas que de mauvaises nouvelles. La diversification des marchés a déjà été entamée au cours des 25 dernières années. La part des exportations de la province allant au sud de la frontière est passée de 83,3 % en 1998 à 73,6 % en 2023, alors que différents programmes d’aide régionaux ont été lancés pour diversifier ces exportations. À suivre.

©Étude Desjardins
Source : Desjardins
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